Penser le Québec d’après la COVID-19

Extraits du dossier coordonné par Guy Laforest et Jean-Philippe Warren pour le compte de La Presse+ que vous pouvez consulter en ligne.

Climat : nos comportements peuvent changer

Avant la COVID-19, la planète avait la fièvre. Les émissions de GES progressaient à un rythme effréné, entraînant une hausse des températures mondiales, et ce, en dépit de l’adoption de plusieurs politiques pour lutter contre les changements climatiques. On expliquait ces échecs par les difficultés, voire l’impossibilité, de mettre en place des politiques trop contraignantes pour changer nos comportements. Cette pandémie a pourtant démontré le contraire. En quelques semaines, d’imposantes politiques ont été adoptées, bouleversant nos rapports au travail, à la communauté, à notre consommation et à notre alimentation, qui ont tous des impacts directs dans la lutte contre les changements climatiques. L’un des grands défis post-COVID-19 sera de voir de quelle manière nous pourrions tirer profit de ces transformations dans les rapports humains/société/nature pour en arriver à des sociétés plus durables.

— Annie Chaloux, directrice du Climatoscope, Université de Sherbrooke

Fédéralisme et concertation

Le Québec est-il mieux équipé que d’autres espaces nationaux pour répondre à la crise sanitaire ? Le partage des pouvoirs au sein de fédération fait en sorte que les responsabilités sociales relèvent prioritairement du gouvernement du Québec. Dans ce contexte, il importe d’identifier les facteurs les plus à même de favoriser une bonne gestion de la crise en réévaluant les relations fédérales-provinciales. Parmi ces facteurs, quatre semblent devoir s’imposer : le retour de la souveraineté nationale ; l’arrêt des pratiques favorisant le profit sans égard pour les risques sanitaires ; l’inversion des processus de mondialisation et la valorisation des décisions prises à l’échelle locale et régionale.

— Alain-G. Gagnon, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en études québécoises et canadiennes, UQAM